Écritures du jazz (3)

for no good reason

J’ai de très bonnes raisons de commencer la séance en faisant écouter aux élèves For no good reason, issu de l’album Arcanum Moderne du trio d’Ellery Eskelin (label Hathut - 2003) : nous avons commencé à aborder, depuis la première séance, la question du free, et Eskelin est de ceux qui continuent, aujourd’hui, d’affronter cette question — et bien sûr les réponses ne sauraient plus être identiques à celles qu’apportait le free « historique », il y a plus de quarante ans.

Je poursuis avec la lecture d’un passage du récent Ravel de Jean Échenoz (Minuit, 2006), correspondant au moment où naît le célèbre Boléro : on retrouvera ce passage ci-dessous. Si j’ai amené ce texte, c’est parce que François Laizeau avait parlé de Ravel et du Boléro lors de sa conférence, la semaine dernière. Nous revenons rapidement, justement, sur cette conférence, et sur quelques unes des idées que François Laizeau y avait développées. Bien sûr, l’un des intérêts de cette conférence est qu’il y était question de batterie, dont on sait qu’elle est le seul instrument de musique réellement inventé par le jazz ; or bien sûr, comme le montre très bien le conférencier-batteur, c’est un instrument composite, formé de différents éléments — caisses, tomes, cymbales — qui lui pré-existaient : à l’image donc du jazz, lui aussi composite, lui aussi s’inventant à partir d’éléments qui lui sont extérieurs et souvent antérieurs. Avec la batterie, c’est la question du rythme qui est posée, essentielle dans le jazz ; en lien direct, sans aucun doute, avec cette réintroduction du corps, que l’occident ne voit pas forcément d’un bon œil : on a longtemps reproché au jazz son animalité indigne, mais François Laizeau renverse cela en une virilité dont il veut s’honorer — preuve à mes yeux, s’il le fallait, que le milieu du jazz n’est pas forcément le dernier quand il s’agit de préserver la domination masculine qui marque, aujourd’hui encore, notre société... —, mais qui n’est pas forcément moins problématique : je crois pour ma part que la meilleure manière de défendre le jazz, ce n’est pas de chercher à maintenir en vie quelques vieux clichés... quoiqu’il ne faille pas ignorer les spécificités de cette musique ! Autre point revenant souvent dans les propos de François Laizeau, le lien entre les formes de la musique et les conditions sociales qui entourent celle-ci : évidemment question centrale dans le jazz, qu’il est difficile d’ignorer, même si les moyens pour essayer de la penser sont loin d’être évidents pour moi, si on veut réellement affronter sa complexité. Enfin, le mot « modernité », qui revient à plusieurs reprises, pour ne pas dire constamment — les étudiants n’y avaient pas fait attention, mais cela m’a frappé —, dans la bouche du conférencier : cela confirme une des idées que je défends, qu’à bien des égards le jazz reste beaucoup plus moderne que post-moderne. Les étudiants restent circonspects, voire suspicieux face à ce que j’avance : ils ne sont pas tous sûrs que les mots veulent dire ce qu’ils veulent dire, et selon eux le mot « modernité » dans la bouche d’un musicien ne devrait pas être pris au pied de la lettre par un universitaire. Comme la discussion a déjà duré un bon moment, je refuse malgré leurs questions d’improviser un cours sur la question de la « post-modernité » — je préfère aussi mieux préparer les choses, si je dois parler avec eux de ce genre de questions, dont je ne suis pas plus qu’un autre spécialiste —, parce qu’une autre question, au moins aussi importante sinon plus, nous attend.

Selon Pierre Sauvanet, c’est « le point d’articulation principal de toute histoire du jazz » [1]. Selon Michel-Claude Jalard, c’est le point d’aboutissement de cette histoire, au-delà duquel le jazz n’est « plus possible » [2]. On les entend moins de nos jours, mais je crois qu’il y a encore pas mal de jazzfans pour qui tout simplement : « ce n’est pas du jazz ». Quarante ans et quelques qu’on la traîne, et toujours pas résolue : c’est « LA » question. La question du free, bien sûr. J’ai voulu démarrer le semestre avec cette question, précisément parce que c’est un terrain glissant : si on veut initier à la recherche les étudiants, est-ce qu’on peut vraiment le faire en ne leur présentant que des débats apaisés ? J’écris cette note alors que nous sommes déjà à mi-semestre : je me pose pas mal de questions sur la manière dont j’ai organisé ce début de semestre — pas sûr que je refasse pareil l’an prochain —, mais pas sur le fait d’être parti de là, de la question du free. Les questions que je me pose, pour dire les choses jusqu’au bout : une partie non négligeable de mes étudiants n’est pas dans la « filière jazz », et n’a qu’une connaissance relative de l’histoire de cette musique, et même au sein de la « filière jazz » je ne suis pas sûr que tous soient au clair sur ce qu’est le free, malgré le cours d’histoire du jazz qu’ils ont eu en première année. J’ai un peu fait cours comme si, au contraire, tout le monde connaissait par cœur les enregistrements historiques d’Ornette et des autres : sans doute j’aurais dû prendre plus de temps pour expliquer cela, mais avec la contrainte de tout faire tenir en un semestre, et avec la contrainte d’éviter quasiment toute analyse précise parce que, même au sein de la filière jazz, les étudiants n’ont pas vraiment les outils pour cela, et que ce n’est pas l’objet de ce cours, ni le free en lui-même, ni l’analyse. On fait avec, on cherche sa liberté au sein de ce système...

On me pardonnera, j’espère, cette petite parenthèse concernant l’organisation du semestre. Pour la justifier, je suis même assez tenté de faire une autre digression — qu’on me la pardonne également. Je suis actuellement plongé dans la lecture de La recherche — il n’est jamais trop tard pour s’y mettre —, et Proust est bien entendu maître dans l’art de la digression [3], montrant par là une affinité certaine avec un certain Chopin — un compositeur, si j’ai bien compris... — évoqué dans La recherche. Qu’on en juge :

« Le pianiste ayant terminé le morceau de Liszt et ayant commencé un prélude de Chopin, Mme de Cambremer lança à Mme de Franquetot un sourire attendri de satisfaction compétente et d’allusion au passé. Elle avait appris dans sa jeunesse à caresser les phrases, au long col sinueux et démesuré, de Chopin, si libres, si flexibles, si tactiles, qui commencent par chercher et essayer leur place en dehors et bien loin de la direction de départ, bien loin du point où on avait pu espérer qu’atteindrait leur attouchement, et qui ne se jouent dans cet écart de fantaisie que pour revenir plus délibérément — d’un retour plus prémédité, avec plus de précision, comme un cristal qui résonnerait jusqu’à faire crier — vous frapper au cœur. »

(M. Proust, Du côté de chez Swann, Gallimard, Paris, p. 313-314.)

J’enrage bien sûr de ne posséder pareil talent, m’enfin, j’aurais essayé... Ma première digression, en effet, m’avait fait évoquer ces mots particuliers de contrainte et de liberté, que mes étudiants, connaissant désormais par cœur ce désormais fameux texte de Georges Perec, auront reconnus comme les points-clés dudit texte, et passant par eux — les mots, pas les étudiants — je me trouve donc frapper au cœur de lui — le texte, pas son auteur. Je m’apprêtais à écrire : malgré son caractère inachevé, ce texte de Perec rassemble toutes les qualités que je souhaitais pour démarrer ce semestre. Je me ravise. Ce texte de Perec rassemble toutes les qualités que je souhaitais pour démarrer ce semestre, jusque dans son caractère inachevé, qui se fait l’image du processus de recherche lui-même. Puisque Perec n’affectionnait rien tant que les listes, je m’essaye à énumérer ces qualités :

- il est inachevé, à l’image donc du processus de recherche lui-même, mais pas trop (inachevé) ;
- il s’intéresse à l’épineuse (encore aujourd’hui) question du free, mais tente de la dépasser ;
- il fait porter la discussion sur le langage de la musique lui-même ;
- il est construit comme un bel article universitaire tout-comme-il-faut, mais en fait non ;
- il fait le lien entre la question musicale, celle du free, et la question de l’écriture : donc avec la question de Perec lui-même écrivant sur cette question musicale ;
- il ne sacrifie pas son humour à la rigueur de sa réflexion ;
- il ne sacrifie pas la rigueur de sa réflexion à son humour ;
- et réciproquement ;
- il est le fait d’un écrivain, et toujours quand il écrit sur le free jazz Perec reste écrivain : sans prétendre avoir son talent, nous devrions, nous musicologues, nous aviser de ce que notre écriture est toujours, au moins un peu, une écriture « littéraire », et quitte à ce qu’elle le soit un peu, autant tenter de maîtriser cet aspect et ne pas se contenter de ce « au moins un peu », mais — sans pour autant s’écarter de nos buts et de nos moyens — assumer pleinement ce que l’écriture littéraire peut apporter à la réflexion universitaire, particulièrement dans le domaine artistique (voilà, ça y est, c’est dit !) ;
- il produit une réflexion à côté de laquelle semblent bien pâles, à mes yeux en tout cas, nombre des écrits des critiques « officiels » de l’époque ;
- il met les étudiants aux prises avec des idées qu’ils ne voudront jamais gober (Miles Davis « pasteurisé », Monk « radotant », moi non plus je ne suis pas d’accord...) : il leur résiste et ne risque pas de leur apparaître comme une vérité à avaliser sans réfléchir — moi j’aurais aimé qu’ils l’avalisent après réflexion, mais pas sûr que ce soit réussi : tant pis, mieux vaut le désaccord avec Perec, même pour de mauvaises raisons, que l’accord a priori.

En résumé, je crois que c’est l’article idéal avec lequel commencer : très probable que je parte de là encore, si je refais ce même cours l’année prochaine. J’ajoute encore un avantage à l’article : avant que je le mette moi-même en ligne ici, et que je mette à disposition une version PDF téléchargeable, à peu près correcte au niveau de l’« orthotypographie » — néologisme dû aux orthotypographes ( !), dont le sens n’est pas « typographie orthodoxe », mais en quelque sorte la réunion de la typographie et de l’ortographe —, le texte n’était trouvable — c’est un bien grand mot (cherchez donc !) — en ligne que sur le (très recommandable) site desordre.net. Sans surprise, la typographie de la version en ligne de Philippe De Jonckheere était plutôt conforme aux usages de la typographie des contenus en ligne, mais donc pas à ceux des travaux papiers, imprimés, que les étudiants doivent rendre à leurs gentils professeurs (je ne sache pas cependant qu’il y ait des différences notables dans les habitudes typographiques selon le degré de gentillesse des professeurs). Et puisque cela aussi fait partie de mon boulot, pour ce semestre de « méthodologie », nous remettons à la semaine suivante l’essentiel du travail sur le texte lui-même (que nous avions cependant commencé la semaine précédente, et je m’engage dans une heure de séance de torture, pardon, de typographie. Je suis totalement maniaque sur la question. Ce n’est pas de ma faute. C’est comme ça. Les textes mal typographiés me heurtent, au moins autant que ceux mal orthographiés. Sur le deuxième point, tout le monde est d’accord, tous les profs ont le même souci d’une orthographe correcte ; je revendique un souci équivalent pour le premier point, et l’on ne m’en voudra pas, j’espère, d’avoir à cœur de transmettre à mes étudiants au moins une partie de ce souci, surtout si on me les confie pour un cours qui s’intitule « méthodologie ». Peu probable qu’un seul d’entre eux en vienne à se passionner subitement pour la question, et se retrouve à fréquenter des sites comme celui-ci, celui-ci ou encore celui-là (l’un de mes préférés), ils ont bien d’autres chats à fouetter. Mais de même que, dans les plus petites classes, on corrige les fautes d’orthographe pour permettre aux élèves d’être sensibilisés au fait qu’il est important d’avoir une orthographe correcte — laquelle s’acquiert bien plus par les lectures, si possible nombreuses, que l’on fait, plutôt qu’avec des cours d’orthographe (qui ne sont pas pour autant inutiles, ce n’est pas ça que je dis...) —, de même je cherche à faire savoir aux étudiants que la typographie a des règles et à les rendre sensibles à simplement l’existence de cette question, à défaut d’avoir le temps — et, pour tout dire, l’envie — de leur apprendre lesdites règles. À l’instar de l’orthographe — et de la syntaxe, et de la « langue » —, c’est en lisant qu’on apprend à typographier correctement ce qu’on écrit, il n’est pas absolument nécessaire de se pencher longtemps sur la question. Il faut malheureusement ajouter : en lisant des textes correctement typographiés — ils sont loin de l’être tous, surtout à l’époque où chacun croit pouvoir s’improviser expert en PAO grâce aux prétendues facilités d’un certain logiciel qui domine le secteur des traitements de texte. Passons. Une fois que l’on sait que ce genre de questions se posent, le mieux est d’avoir toujours, dans un coin de son disque dur, un petit vade mecum que l’on consulte quand on en a besoin, de la même façon que l’on garde, sur une étagère proche, dans un coin (le même, pourquoi pas) de son disque dur ou à portée de clic de souris, un dictionnaire pour l’orthographe. Côté dictionnaire, pas inutile de signaler l’existence, en ligne, d’une version du Littré (également instalable sur le disque dur : plus pratique pour partir travailler à la campagne, là où point de wifi ne point) et du Trésor de la Langue Française informatisé (dont il faut se contenter de la version en ligne si on ne veut pas payer pour le CD-Rom). De la même façon, pour la typographie, on recommande d’aller voir du côté de la « faqtypo » de Jacques André (télécharger — et lire ! — notamment les leçons), très complet, du petit aide-mémoire d’Éric Martini [4] ou bien du très court et bien pratique typographe rationnel d’Eddie Saudrais.

Aux recommandations et règles énoncées dans ces fichiers utiles, j’ajoute quelques recommandations, en partie liées aux conventions plus spécifiquement « universitaires » :

- il est possible (si si, je vous jure !) d’utiliser un autre logiciel que Microsoft Word ;
- il est possible (idem) d’utiliser une autre police de caractères que Times New Roman ;
- l’élégance d’un caractère n’est pas un absolu : elle dépend grandement du logiciel (ou de la version du logiciel) utilisé — par exemple : certaines versions de MS Word font du Times New Roman un caractère affreux, alors qu’en soi il n’est pas pire qu’un autre (hormis le fait qu’on le voit partout, à cause du logiciel que vous savez) ;
- contrairement à l’usage anglo-saxon et à l’usage dominant sur Internet, vous devez utiliser une police « avec empattement » — autrement appelée « sérif » —, et non une police « sans empattement » — ou « sans sérif » — ; à titre d’exemple, Arial, Helvetica et Verdana sont des polices « sans sérif », tandis que Times, Hoefler Text, Garamond et Georgia sont des polices « sérif » ;
- l’usage du Comic Sans MS, signe immanquable du mauvais goût absolu, est absolument prohibé, y compris dans les titres — réservez-le pour l’invitation à votre « boum » du samedi soir (si vous invitez Sophie Marceau, faites-moi signe) ;
- aucune raison non plus d’utiliser des polices à espacement fixe (Courier), sauf pour taper du code informatique, dont on se demande bien ce qu’il viendrait faire dans un devoir de musicologie (qui sait : peut-être en CAO ?) ;
- que cela vous plaise ou non, on accentue les majuscules : aucune négociation possible là-dessus, y compris sur la préposition « À » — on écrit donc : « Éduqué qu’il était au souci d’une correcte typographie, il en avait plus que marre de corriger les majuscules non accentuées de ses étudiants. À la fin, il en vint même à s’énerver pour de bon. », et non : « Eduqué qu’il était au souci d’une correcte typographie, il en avait plus que marre de corriger les majuscules non accentuées de ses étudiants. A la fin, il en vint même à s’énerver pour de bon. », qui ne veut manifestement rien dire —, au moins tant que vous ne publiez pas dans le champ littéraire — où une tenace (quoique mauvaise) habitude fait préférer le « A » au « À » — (et on se dém... pour trouver comment faire sur son clavier : normalement un CAPS LOCK devrait faire l’affaire, et sinon jetez votre PC par la fenêtre et achetez un Mac !) ;
- le texte doit être « justifié », et non « aligné à droite » ;
- il faut impérativement activer la césure (coupure des mots en bout de ligne), sous peine d’avoir des espaces rien moins que laides (ah oui au fait : en typographie on dit une espace, pas un) — certains logiciels gèrent mieux la césure que d’autres (mais si vraiment vous voulez bosser avec MS Word,... ) ;
- il est d’usage, pour les travaux universitaires, d’adopter un interligne plus large que l’interligne « simple », mais l’interligne « double » est d’un goût très discutable — un orthotypographe serait plus virulent que moi ici — : l’interligne « x 1.5 » semble donc tout indiqué ;
- pour le confort de la lecture, il faut éviter de dépasser trop les 65 caractères par ligne ;
- 25 à 30 lignes par pages semblent raisonnables ;
- un corps de 12 points pour la police (à moduler éventuellement selon la police que vous utilisez) est le meilleur compromis pour épargner la vue déclinante de vos vieux professeurs, sans leur faire l’injure d’un inélégant 14 points ; ceci bien entendu pour un document que vous rendez par écrit, quand vous rédigez pour ensuite lire vous-même (exposé par exemple), n’hésitez pas à utiliser, au mépris de toute élégance, une police et un interligne suffisamment larges pour pouvoir lire sans être collé à votre papier ;
- l’empagement joue un grand rôle dans l’élégance de votre travail : méfiez vous des marges par défaut ;
- chaque paragraphe commence par un retrait — ou alinéas —, y compris le premier (au contraire des usages anglo-saxon et Internet) : il faut éviter les retraits trop prononcés, inélégants (les choix par défaut de Word sont critiquables, par exemple) — dans l’idéal, le retrait doit faire environ 3 « em », c’est-à-dire trois fois la largeur du caractère m de la police que vous utilisez ;
- on ne saute pas de ligne entre deux paragraphes (au contraire des usages anglo-saxon et Internet) ;
- une incise — comme ceci — se marque avec des tirets (—), pas avec des traits d’union (-) ;
- si vraiment vous avez la classe, vous pouvez jouer habilement de la (riche) distinction entre incises et parenthèses — même si personne ne vous en veut si vous optez une fois pour toutes pour l’une ou l’autre possibilité ;
- les listes sont introduites par des tirets, non par des traits d’union (pas non plus par des petits ronds noirs) ; chaque élément de la liste est terminé par un point-virgule, le dernier par point ;
- les guillemets servent à citer, pas à excuser vos imprécisions de vocabulaire ; les seuls guillemets autorisés sont les guillemets français ( «  » ), même si on peut tolérer le choix de guillemets anglo-saxons ( “ ” ), pour une citation à l’intérieur d’une autre (donc à l’intérieur d’une paire de guillemets français) ;
- les signes de ponctuation doubles ( ; : ? ! ) sont précédés et suivis d’une espace, au contraire des signes de ponctuation simples ( . , ) pour lesquels on ne met pas d’espace avant ; il faut une espace avant l’ouverture de parenthèses et après leur fermeture, mais après l’ouverture de guillemets et avant leur fermeture ;
- on peut éventuellement vous pardonner de ne pas activer les ligatures usuelles entre caractères, mais quand même c’est dommage (encore faut-il avoir un logiciel qui le permette...) ;
- j’espère vraiment qu’il n’y a pas trop de barbaries typographiques sur cette page, merci de me le signaler sinon.

Malgré tout le mal que j’en pense et que j’en dis, je sais que Microsoft Word est et restera le logiciel le plus couramment utilisé, il convient donc de bien le connaître pour limiter les dégâts. Un grand nombre des incorrections typographiques des textes rendus par les étudiants vient, paradoxalement, des automatismes de Word visant à avoir une bonne typographie. Un exemple : si vous avez une version française de Word (ou si vous avez indiqué à Word que vous travaillez en français), il corrigera automatiquement quand vous le saisissez un guillemet droit ("), le plus facilement accessible au clavier, en guillemet ouvrant français (« ), et aura même la bonne idée de faire suivre cette ouverture de guillemet d’une espace, et même la très bonne idée de mettre une espace insécablei.e d’empêcher que la coupure de ligne se fasse entre l’ouverture des guillemets et le premier mot de la citation —, ce qui est la bonne manière de faire. Après le dernier mot de votre citation, vous saisissez de nouveau un guillemet droit ("), que Word transforme en guillemet fermant français ( ») et le fait précéder d’une espace insécable. Admirable. Le seul problème : une même touche de votre clavier, le guillemet droit ("), produit deux actions différentes selon le contexte (après une espace, Word imagine que vous allez ouvrir des guillemets, tandis qu’après un mot (et pas d’espace), il imagine que vous êtes en train d’en fermer), et Word a facilement tendance à se tromper dans l’analyse du contexte, notamment si vous êtes en train de corriger un texte, de rajouter des choses au sein d’un paragraphe déjà écrit, bref quand vous n’êtes pas en train de saisir le texte dans sa continuité, de façon strictement linéaire. Le problème est le même avec les traits-d’union (-) que Word corrige de lui-même en tirets (—) quand il estime que vous êtes en train de faire une incise : les erreurs d’analyse du contexte à la saisie produisent des horreurs malheureusement usuelles, où une incise s’ouvre d’un tiret et se referme d’un trait-d’union, ou l’inverse. La raison de ces erreurs dans l’analyse du contexte tient précisément au fait que Word les effectue « à la volée », au moment de la saisie, et non dans un second temps.

Quelles sont les solutions à ce genre de problème ? Je vois trois options possibles. La première, c’est de désactiver tous les comportements automatiques « à la saisie » de Word : il faut quelques minutes à peine pour repérer le raccourci clavier qui permet de saisir directement un guillemet ouvrant (Alt+7 sur un Mac [5]), celui qui permet de saisir un tiret (Alt+"-" sur un Mac), et les quelques autres qui servent couramment — en une journée à les utiliser, on les as « sous les doigts » et on ne les oublie plus. L’inconvénient, c’est qu’on a tôt fait ainsi de passer outre la délicate question de l’espace « insécable », et de se retrouver avec des coupures de ligne incorrectes : il faudra être vigilant à la relecture. Même si on sait où est le raccourci clavier pour l’espace insécable (qui a le mauvais goût de varier d’un logiciel à l’autre, je crois), c’est assez pénible de devoir tous les saisir. Deuxième solution : on laisse les automatismes de Word, mais on essaye d’être vigilant sur leur fonctionnement, et attentif sur les quelques points évoqués ci-dessus (guillemets et tirets notamment, mais pas uniquement), que l’on corrige impérativement s’il le faut à la relecture. Dans la pratique, c’est presque le choix le plus cohérent si on veut se servir de Word — c’est le choix que je fais dans les très rares occasions où j’utilise ce logiciel, le plus souvent pour corriger un document qu’on m’a envoyé au format Word —, et c’est sans doute le choix que retiendront la plupart des étudiants : j’espère que mes mises en gardes auront éveillé leur œil critique sur ce que le logiciel fait de ce qu’ils écrivent. Troisième option : changer de logiciel ! On peut choisir l’équivalent de Word dans le domaine libre (i.e la suite Open Office), mais j’imagine que des problèmes similaires se posent — on gagne cependant la satisfaction de n’avoir pas conforté le monopole de l’homme le plus fortuné de la planète —, quoique je n’aie jamais utilisé directement ce logiciel. Word, qui est en réalité un logiciel de traitement de texte, essaye plus ou moins d’être également un logiciel de PAO, et c’est sur cela qu’il se plante le plus : on peut donc utiliser un vrai logiciel de PAO. L’un des plus puissants est QuarkXPress : je recommanderais volontiers — je l’utilise —, mais ce n’est pas très « grand public », donc demande une petite prise en main, et pour le coup ce n’est plus vraiment un traitement de texte. Il reste donc à se résoudre à quitter le monde trompeur des WYSIWYG [6], et à se diriger vers les éditeurs du type LaTeX (mais qu’est-ce que c’est ?) : c’est gratuit et c’est simple (si si !), mais c’est un peu compliqué au départ quand même. Associé au module de « francisation » french [7], LaTeX permet de réaliser des documents impeccables, et corrects à tous les points de vus évoqués ci-dessus, sans qu’il soit nécessaire de s’en préoccuper réellement (à deux ou trois détails près, quand même). Je doute fort qu’il vienne à l’idée d’un de mes étudiants en musicologie de suivre mes conseils ici — ils ont bien tort ! —, mais je signale tout de même cette solution, parce que c’est celle que j’ai choisie depuis une dizaine d’années, et qu’il me serait à peu près impossible de me remettre à utiliser Word, tant la qualité des rendus de ce logiciel, même bien utilisé, demeure inférieure à ce que produit un LaTeX même moyennement bien utilisé. Surtout, je témoigne que LaTeX n’est pas difficile à utiliser, qu’il suffit juste de faire le pas.

Le temps que j’ai passé — que j’ai perdu : j’aurais mieux fait d’avancer ma Recherche — à rédiger ces quelques conseils typographiques est un juste châtiment, que je m’inflige à moi-même, pour me punir de l’heure bien peu passionnante que j’ai fait subir à mes étudiants ce jour-là, les entretenant de ces questions. Eux comme moi aurions préféré passer cette heure à n’importe quoi d’autre, parler du free par exemple : il nous faudrait attendre pour cela la semaine suivante. Rêve insensé : que cette heure sacrifiée porte ses fruits : que je la re-gagne dix fois en n’ayant plus à corriger cela sur ce que les étudiants me rendent. (On peut toujours rêver.)


Ravel

«  Les temps qui suivent, Ravel ne sait plus que faire. Rien qui le tente vraiment, rien qui vaille la peine. Il commence à s’en inquiéter fort quand Ida Rubinstein lui suggère d’orchestrer quelques pièces d’Iberia, d’Albéniz, pour en faire un ballet qu’elle danserait elle-même. Or Ida Rubinstein est formidable, c’est le genre de fille qui part chasser le lion en Afrique quand elle s’ennuie, le genre qui vous appelle en pleine nuit d’Amsterdam pour vous dire à quel point, ce matin, vu de l’avion qui la ramenait de Bali, le soleil se levait élégamment sur l’Acropole, le genre qui embarque sur son yacht vers l’autre bout de la terre en compagnie de ses singes et de sa panthère apprivoisée, sans jamais oublier ses pyjamas en tissu d’or, ses turbans d’aigrette ni ses boléros semés de gemmes. Ida Rubinstein est très grande, très mince, très belle, très riche, on ne peut rien lui refuser. Et puis enfin voilà. C’est un projet. C’est toujours ça.

Ravel s’y met, on dirait que ça lui plaît jusqu’à ce que l’été s’installe et qu’il soit temps de partir longuement comme chaque année au Pays basque, à Saint-Jean-de-Luz près de Ciboure où il est né, retrouver ses amis Gustave Samazeuilh et Marie Gaudin. Taureaux, pelote basque et bains de mer, piments d’Espelette et vin d’Irouléguy, Joaquin Nin l’y emmène dans son Hotchkiss. On fait une halte à Arcachon où, le soir venu sur la jetée, Nin lui fait observer que ce projet Albéniz pose peut-être un problème de droits vu qu’il semble qu’un certain Arbos ait déjà orchestré ces pièces. Je m’en fous, dit sèchement Ravel, qu’est-ce que c’est que cet Arbos ? Mais il n’a pas l’air de s’en foutre autant que ça. Voyant que cela commence à l’inquiéter, Nin enquête auprès del’éditeur. Il apparaît qu’un inexpugnable réseau de traités, contrats, signatures et copyrights protège lberia : nul autre que le dénommé Arbos n’a le droit de s’occuper d’Albéniz.

Haute colère de Ravel, nerveux et contrarié à Saint-] ean-de-Luz, ma saison est foutue, toutes ces lois sont idiotes, j’ai besoin de travailler, ça m’amusait d’orchestrer ça, et puis qu’est-ce que je vais dire à Ida ? Elle va être furieuse. De toute façon je rentre à Paris demain, je ne veux pas rater le 14 Juillet. Nin n’en croit pas un mot, sûr que Ravel va plutôt se ruer chez l’éditeur et chez Ida pour essayer d’arranger ça, Nin se trompe. Chaque fois qu’arrive le 14 Juillet, Ravel est excité comme une puce, pas question de rater le moindre bal. Il écume tous les quartiers de Paris, s’attarde à toutes les terrasses d’où il aime regarder danser les couples collés sous les lampions en écoutant jouer les orchestres, même réduits à un seul accordéon.

Mais le lendemain, comme Nin passe le prendre à son hôtel pour le conduire à la gare, il trouve Ravel affolé, ne sachant plus où donner de la tête dans sa chambre en affreux désordre. Pêle-mêle sur son lit se mélangent bretelles et chaussures, brosses et cravates, effets de toilette et paquets de cigarettes alors que le train part dans un quart d’heure. Ravel presque habillé veut à tout prix lisser ses cheveux mais Nin l’entraîne fermement vers la voiture, ramassant au passage quelques affaires vite entassées dans une valise. Arrivés juste à temps à la gare, il pousse Ravel dans le train qui vient de se mettre en marche et, tout en courant près du wagon, lui expédie sa valise heureusement pas trop lourde par la fenêtre de son compartiment.

Tout cela n’était au fond qu’une fausse alerte : le vieil Arbos, prévenu, fait savoir avec élégance qu’il sera honoré de céder à son cadet tous les droits qu’il voudra. C’est dire, après la tournée américaine, la gloire du cadet qui, du coup, caprice de cadet, laisse tomber le projet. Cependant le temps presse, l’éditeur qui s’est engagé a besoin d’une partition pour le mois d’octobre. Bon, dit Ravel, après tout je vais me débrouiller seul. Autant composer quelque chose moi-même, j’aurai plus vite fait d’orchestrer ma musique que celle des autres. De toute façon ce n’est qu’un ballet, pas besoin de forme à proprement parler ni de développement, pratiquement pas besoin de moduler non plus, juste du rythme et de l’orchestre. La musique, cette fois-ci, n’a pas grande importance. Reste à s’y mettre.

De retour à Saint-Jean-de-Luz, tôt le matin, le voilà sur le point de partir à la plage en compagnie de Samazeuilh. Vêtu d’un peignoir jaune d’or sur un maillot de bain noir à bretelles et coiffé d’un bonnet de bain écarlate, il s’attarde un moment au piano, joue et rejoue d’un doigt une phrase sur le clavier. Vous ne trouvez pas que ce thème a quelque chose d’insistant ? demande-t-il à Samazeuilh. Et puis il va se baigner. Sorti de l’eau, assis sur le sable sous le soleil de juillet, il reparle de cette phrase de tout à l’heure. Ce serait bien d’en faire quelque chose. Il pourrait par exemple essayer de la répéter plusieurs fois mais sans la développer, juste en faisant monter l’orchestre et le graduer au mieux tant qu’il pourrait. Non ? Enfin bon, dit-il en se levant avant de retourner nager, des fois que ça marcherait comme La Madelon. Mais ça marchera beaucoup mieux, Maurice, ça va marcher cent mille fois mieux que La Madelon.

Les vacances sont finies. Il est assis à son piano, seul chez lui, une partition devant lui, cigarette aux lèvres et toujours impeccablement peigné. Sous sa robe de chambre à revers clairs et pochette assortie à ceux -ci, il porte une chemise à rayures grises et une cravate bronze. En position d’accord, sa main gauche est posée sur les touches du clavier cependant que la droite, armée d’un porte-mine en métal coincé entre l’index et le majeur, note sur la partition ce que la gauche vient de produire. Il est en retard sur son travail comme d’habitude et le téléphone vient de sonner, l’éditeur une fois de plus lui a rappelé que ça presse. Il doit donner le plus vite possible des dates pour les répétitions de cette œuvre à venir, qu’il a annoncée mais dont on ne sait rien. Il sourit mais ça ne se voit pas. Bon, ils veulent qu’on répète, ils tiennent vraiment à ce qu’on répète, eh bien d’accord, on répétera. Ils en auront, de la répétition.

Puis, comme toujours quand il est seul, il prend son repas face au mur sur la table repliée. Comme il dévore sa viande, son dentier produit un bruit de castagnettes ou de fusil-mitrailleur qui se répercute dans la pièce étroite. Il mange en réfléchissant à ce qu’il fait. Il a toujours bien aimé les automates et les machines, visiter les usines, les paysages industriels, il se souvient de ceux de Belgique et de Rhénanie quand il passait par là sur un yacht de rivière il y a plus de vingt ans, les villes hérissées de cheminées, les dômes cracheurs de flammes et de fumées rousses et bleues, les châteaux de fonte, les cathédrales incandescentes, les symphonies de courroies, de sifflets et de coups de marteaux sous le ciel rouge.

Peut-être a-t-il de qui tenir quant à ce goût pour la mécanique, son père ayant sacrifié la trompette et la flûte à une carrière d’ingénieur qui lui a fait inventer entre autres choses un générateur à vapeur chauffé par des huiles minérales et appliqué à la locomotion, puis un moteur surcomprimé à deux temps, une mitrailleuse, une machine à fabriquer des sacs en papier et une voiture avec laquelle il a conçu un numéro d’acrobatie nommé Tourbillon de la Mort. Il y a en tout cas une fabrique qu’en ce moment Ravel aime bien regarder, sur le chemin du Vésinet, juste après le pont de Rueil, elle lui donne des idées. Voilà : il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne.

Chaîne et répétition, la composition s’achève en octobre après un mois de travail seulement troublé par un splendide rhume cueilli, pendant une tournée en Espagne, sous les cocotiers de Malaga. Il sait très bien ce qu’il a fait, il n’y a pas de forme à proprement parler, pas de développement ni de modulation, juste du rythme et de l’arrangement. Bref c’est une chose qui s’autodétruit, une partition sans musique, une fabrique orchestrale sans objet, un suicide dont l’arme est le seul élargissement du son. Phrase ressassée, chose sans espoir et dont on ne peut rien attendre, voilà au moins, dit-il, un morceau que les orchestres du dimanche n’auront pas le front d’inscrire à leur programme. Mais tout cela n’a pas d’importance, c’est seulement fait pour être dansé. Ce seront la chorégraphie, la lumière et le décor qui feront supporter les redites de cette phrase. Après qu’il a fini, un jour qu’il passe avec son frère près de la fabrique du Vésinet : Tu vois, lui dit Ravel, c’est là, l’usine du Boléro.

Or ça ne se passe pas du tout comme prévu. La première fois que c’est dansé, ça déconcerte un peu mais ça marche. Mais c’est ensuite au concert que ça marche terriblement. Ça marche extraordinairement. Cet objet sans espoir connaît un triomphe qui stupéfie tout le monde à commencer par son auteur. Il est vrai qu’à la fin d’une des premières exécutions, une vieille dame dans la salle crie au fou, mais Ravel hoche la tête : En voilà au moins une qui a compris, dit-il juste à son frère. De cette réussite, il finirait par s’inquiéter. Qu’un projet si pessimiste recueille un accueil populaire, bientôt universel et pour longtemps, au point de devenir un des refrains du monde, il y a de quoi se poser des questions, mais surtout de mettre les choses au point. À ceux qui s’aventurent à lui demander ce qu’il tient pour son chef-d’œuvre : C’est le Boléro, voyons, répond-il aussitôt, malheureusement il est vide de musique.

Mais, bien qu’il éprouve pour elle un peu de dédain, ce n’est pas pour autant que l’on doit prendre cette pièce à la légère. Il faut que le monde comprenne aussi qu’on ne plaisante pas avec son mouvement. Quand Toscanini va la diriger à sa manière, deux fois trop vite et accelerando, Ravel vient le voir froidement après le concert. Ce n’est pas mon mouvement, lui fait-il remarquer. Toscanini se penche vers lui, allongeant encore son long visage et plissant le fronton qui lui sert de front. Quand je joue ça dans votre mouvement, dit-il, ça ne fait aucun effet. Bon, réplique Ravel, alors ne le jouez pas. Mais vous ne connaissez rien à votre musique, frémissent les moustaches de Toscanini, c’était la seule façon de la faire passer. Rentré chez lui, sans en parler à personne, Ravel écrit à Toscanini. On ne sait pas ce qu’il lui dit dans cette lettre. »

Jean Échenoz, Ravel, Minuit, Paris, 2006, p. 72-80.

[1] C. Duflo, P. Sauvanet, Jazzs, Musica falsa, Paris, 2003, p. 36. Nous reviendrons plus longuement sur ce texte de Sauvanet — et sur un autre du même ouvrage, de Colas Duflo — lors de la séance du 23 avril.

[2] M.-C. Jalard, Le jazz est-il encore possible ?, Parenthèses, Marseille, 1987. Là aussi : on y reviendra...

[3] À ce sujet, je n’ai pas encore lu mais déjà j’ai acheté : Le hors-sujet de Pierre Bayard (Minuit), sous-titré : « Proust et la digression ».

[4] Récemment déménagé depuis www.glyphe.com : j’espère que la nouvelle adresse va rester valide...

[5] Si quelqu’un veut me faire part des raccourcis sur un PC, je suis preneur.

[6] « What you see is what you get » (« ce que vous voyez est ce qui sera imprimé »), malheureusement en réalité plutôt un « What you see is approximately what you might imagine is not too far from what you will most probably get if it’s not raining too hard tomorrow and if you don’t ever imagine you can send your file to anyone who does not have exactly the same version of the same software on exactly the same operating system with exactly the same set of preferences » (également abrégé en WYSIWYG, par commodité...).

[7] que l’on récupère ici, en version « pro » si possible pour avoir la gestion des césures correctes de mots en français.