une autre voix

« Il est / bien connu que nous la méconnaissons, cette voix, et que seule / une autre nous est à la rigueur accessible »

« (...)
Une autre voix t’habite cependant, ou tu l’abrites, musicale,
désarmée, presque enfantine, celle
qui laisse deviner soudain que tu n’as plus peur
ni mal, ni je ne sais quelle opaque appréhension.
C’est la voix aimante de l’intelligence ou
de la reconnaissance, du don consenti,
de l’éternité entrevue, touchée : du calme.
Tes yeux pers ont alors un éclat qui te fait surhumaine
et tes gestes, ta démarche, seuls des animaux en seraient capables. »

Ph. Lacoue-Labarthe, Phrase, Bourgois, 2000, p. 120-121.