« faute d’un infaillible rivage »

Frappé d’interdit — wortlos —, incapable de rien écrire depuis bientôt un mois, et effarement de constater cela : j’écrivais, par le passé, peut-être mal mais beaucoup, oui j’écrivais (les carnets, le disque dur ; le site désormais en supplément — tout ce que cela change). J’ai relu ce matin ce que j’écrivais alors, c’était il y a deux ans, trois ans ; relu aussi ce qui s’est écrit au cours des derniers mois. Quoi qu’il arrive, j’aurai donc connu cela, deux fois, deux fois au moins. Et deux fois, deux fois au moins, je ne me serai pas détourné, j’aurai accepté cet exode « qu’à peu près nous sommes ». Car je ne me suis jamais trouvé qu’à me perdre, cela fait partie aussi de ce qu’ai j’ai relu ce matin, écrit il y a deux ou trois ans, ce jour par exemple où j’avais noté : « je crois que si je venais à arrêter de me perdre ainsi, ça ne vaudrait plus le coup, plus le coup du tout. » Je m’y retrouve, certainement (j’ai connu des joies... c’est trop peu dire...) ; et pourtant : tout a changé.

Accepte, toi aussi, accepte parce que c’est une immense fête, et parce que c’est ainsi qu’on se retrouve, c’est là le sursaut. Et alors, peut-être, tout le reste : bientôt, très bientôt.