préface à La disparition

(Christian Bourgois Éditeur publie ce mois-ci, de façon posthume, un court texte de Philippe Lacoue-Labarthe, préface à La disparition. Ci-dessous j’en reprends la double exergue.)

« Ni bonheur, ni malheur. Ni l’absence de crainte et peut-être déjà le pas au-delà. Je sais, j’imagine que ce sentiment inanalysable changea ce qui lui restait d’existence. Comme si la mort hors de lui ne pouvait désormais que se heurter à la mort en lui. “Je suis vivant. Non, tu es mort.” »

Maurice Blanchot, L’instant de ma mort

« Mourir veut dire : mort, tu l’es déjà, dans un passé immémorial, d’une mort qui ne fut pas la tienne, que tu n’as donc connue ni vécue, mais sous la menace de laquelle tu te crois appelé à vivre (...).
« Écrire, c’est ne plus mettre au futur la mort déjà passée, mais accepter de la subir sans la rendre présente et sans se rendre présent à elle, savoir qu’elle a eu lieu, bien qu’elle n’ait pas été éprouvée, et la reconnaître dans l’oubli qu’elle laisse (...). »

Maurice Blanchot, L’écriture du désastre