trébucher — repartir

(poisson/poison, impossible/imposteur... petits cailloux en plus pour petits poucets — pouce(t), ça ne compte pas ?... toujours moins que.)

« 132. Faire trébucher l’acteur sur le seuil du théâtre, pour le mettre en mouvement ; trébucher sur un mot pour parler. Toute l’action provient d’un déséquilibre. »

V. Novarina, Lumières du corps, p. 75.

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« Une tragédie, (...), de la destination. Tout redevient carte postale, lisible pour l’autre, même s’il n’y comprend rien. Et s’il n’y comprend rien, assuré à l’instant du contraire, ça peut toujours t’arriver, à toi aussi, de n’y rien comprendre, et donc à moi, et donc de ne pas arriver, je veux dire à destination. Je voudrais t’arriver, arriver jusqu’à toi, mon unique destinée, et je cours je cours et je tombe tout le temps, d’une foulée à l’autre, car il y aura eu, si tôt, bien avant nous »

J. Derrida, La carte postale, p. 27-28.

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« 249. Ainsi danse Charlot dans Les Temps modernes, en spirale de patins à roulette et frôlant de plus en plus la chute — dans un état de gloire du corps ; ainsi la danseuse à mille bras du Bahratâ-nâtyam — déplaçant chaque fragment de seconde plusieurs fois l’axe de gravité, comme pour envoyer sans cesse ailleurs valser son cadavre — ouvre autour d’elle l’espace, le vide, en inverse les plans, lui indique ses vraies places et sa tombe — et qu’il y reste ! elle ne danse pas, elle est immobile, elle indique par mouvements incessants de ses mains, de ses pieds à grelots, à l’espace que sa place est ailleurs ; elle se débat avec lui — et le vainc par instants ! dans un état de gloire et de danger ; ainsi le trapéziste Enzo Cardonas, le trapéziste Fulcio, la trapéziste Rita de La Plata, la trapéziste “ Gypsie, quatorze ans, ange du vide ”, grimpant aux agrès — et inversant la verticalité en grimpant —, tournent nos têtes à l’envers, intervertissent les diagonales, ôtent le sol, font l’espace se balancer autrement, renversent les dimensions, montrent un instant le haut à l’envers et l’homme tête en bas volant — dans un état de gloire du corps. »

V. Novarina, Lumières du corps, p. 139-140.