Même pas moi

De toute façon, je n’ai plus la force d’écrire. Non seulement je ne le fais plus, je constate que je ne le fais plus, par manque de temps, par perte de l’habitude que j’avais un temps prise, par toutes sortes de raisons diversement légitimes, etc. — mais : je n’ai plus la force d’écrire. Peut-être aussi, quelque part, j’en ai moins envie et puis, aussi : je n’en ressens plus le même besoin. Les raisons qui me faisaient écrire ne sont plus, c’est évident mais c’est là autre chose, ce qui me préoccupe : plus la force.

Je pourrais dater presque le moment que j’ai cessé d’écrire, je sais trop bien où j’ai laissé mes forces. Je sais l’endroit, le lieu, et le moment, l’été dernier. Combien de temps il faut, pour réapprendre ? (Mais réapprendre quoi — jamais rien su faire. Seulement cela, peut-être : trouver la force de.)

Mais qui tout cela intéresse ? — Même pas moi.

(Réessayer plus tard, autrement.)