On corrige...

Cf. l’énoncé de l’exercice ici. Les « règles du jeu » sont celles d’un texte imprimé sur papier en contexte universitaire français. (Expérience réussie, ce matin mes étudiants ont trouvé ça plus ludique que disséquer un article d’Adorno — je fais cadeau de l’exercice et de son corrigé à tous les enseignants qui pourraient en avoir besoin (mais signalez la source), et suis preneur des suggestions...)

Les 23 inexcusables fautes typographiques étaient :

1. La police utilisée (« Lucida sans », en l’occurrence) est une police sans empattement (ou encore : sans sérif), ce qui n’est pas l’usage en typographie française : il faut une police avec empattement (sérif) ;
2. on cherchait les fautes de la page, et pas seulement du texte : il manque un accent au premier mot – « A partir », fautif, doit être corrigé en « À partir » ;
3. chaque paragraphe doit débuter par un retrait (est-ce que ça veut dire que le retrait est originaire ?) ;
4. on ne saute pas de ligne entre deux paragraphes ;
5. les guillemets anglo-saxons (“ ”) ne sont utilisés que pour une citation à l’intérieur d’une autre ;
6. les guillemets informatiques (" ") ne sont jamais utilisés, sauf pour du code informatique ;
7. il ne faut pas confondre le trait-d’union, qui articule un mot composé, avec le tiret, qui ouvre ou ferme une incise (se méfier des automatismes de MS Word, qui se plantent très souvent dans la correction « à la volée ») ;
8. bien que les deux soient corrects, on ne fait pas coexister, dans le même document, des tirets sur cadratin (—) avec des tirets sur demi-cadratin (–) : on fait un choix et on s’y tient ;
9. il faut activer la césure des mots, afin d’éviter une trop grande variabilité des espaces justifiantes (et bien sûr préciser au logiciel qu’on travaille en français, pour que les césures s’effectuent au bon endroit) ;
10. l’usage, dans le monde universitaire, est d’adopter un interligne plus grand que l’interligne simple : mais le double est trop laid, préférer l’interligne 1.5 ;
11. en haut de la page, il est question des règles en vigueur dans toute l’université française, et non seulement dans celle-ci : il s’agit donc de « l’Université », et non de « l’université » ;
12. à l’ouverture de la première parenthèse, il y a une espace en trop ;
13. il manque une espace avant le point-virgule ;
14. il y a une espace en trop avant fermeture des guillemets informatiques (mais de toute façon ceux-ci sont fautifs, cf. point 6) ;
15. il y a une double espace entre « philosophie et » et « musique » ;
16. il y a une double espace entre « il » et « le fallait » ;
17. il y a une double espace entre « il y a » et « deux événements » ;
18. il manque une espace après ouverture des premiers guillemets ;
19. il manque une espace après une virgule (vers la fin du texte) ;
20. « Meme Hegel » à corriger en « Même Hegel » ;
21. « surdéterminee » à corriger en « surdéterminée » ;
22. bien que les deux graphies soient correctes en toute légalité orthographique, on ne fera pas coexister dans le même document le noble et beau « événement » avec le vil « évènement » (lequel est, hélàs ! de plus en plus fréquent) ;

et enfin, pour ceux qui ont de bons yeux :

23. dans le second paragraphe du texte, toutes les apostrophes sont incorrectes !

Enfin, parmi les choses plus excusables : empagement pas glop, ligatures, approches de paires, et quelques subtilités dans les espaces. (NB : dans la version correcte (suivre lien là-haut, et télécharger la page), « Schopenhauer », nom propre, a été ajouté manuellement aux exceptions de césure.)